ORIENTATIONS POUR NOTRE NOUVELLE STRATEGIE LOGISTIQUE (1)


1. EXIGENCES POUR UNE STRATEGIE LOGISTIQUE

1.1. Concept de chaîne logistique

La logistique est généralement décrite comme devant assurer la disponibilité du produit dans de bonnes conditions, au bon moment, au bon endroit, au bon client, au coût le plus juste.

Les travaux relatifs à la chaîne de valeur ont démontré l'importance de la performance logistique dans la chaîne de valeur et souligné que la logistique peut aider les entreprises à créer et à maintenir un avantage compétitif.

Nous distinguerons deux chaînes logistiques :

  • La chaîne logistique des biens matériels, où la valeur se crée dans des lieux physiques -(ateliers, magasins, marché). On parlera alors de chaîne de valeur physique.
  • La chaîne de valeur virtuelle, où la valeur se crée autour des flux d'informations associés à la chaîne physique.

Cette dernière peut prendre des formes diverses. Ce peut être dans le cadre de services associés à une distribution classique ou dans le cadre d'une distribution complètement virtuelle (commerce électronique, service bancaire électronique).

 

La logistique regroupe l'ensemble des opérations liées à la gestion des flux dans ce contexte.

  • La logistique des biens physiques englobe le processus qui permet de planifier, mettre en œuvre et contrôler un flux et un stockage efficaces et optimisés de matières premières, d'en-cours et de produits finis, du point d'origine des matières premières au point de consommation des produits finis, dans le but du meilleur service au client et de la meilleure rentabilité pour les acteurs de la chaîne.

  • La logistique de services associée permet de réduire les délais, les temps d'attente et les stocks tout au long de la chaîne. Cette action est rendue possible par des procédures simplifiées, par l'amélioration des prévisions, par un espace d'information mieux intégré, mieux structuré et mieux partagé -ce qui implique une utilisation pertinente des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication.


1.2. La chaîne logistique totale : concept de total supply chain

Sans mesurer la manière dont la logistique interagit avec les activités de production, de marketing, de commerce et de finance, elle n'est qu'un ensemble d'activités disparates, fragmentées, disséminées entre plusieurs acteurs. Une perspective interfonctionnelle optimise l'utilisation des actifs immobilisés, élimine la duplication des efforts interdépartementaux et élimine les freins, réduit les délais et les tendances à l'accumulation de stocks.

C'est le concept de total supply chain ou chaine logistique totale qui formalise la tendance amorcée au début des années 90 d'évolution du système logistique vers le marketing et la gestion intégrée des réseaux de distribution physiques.


1.3. Marketing et logistique

Notre première réunion de travail, dans le cadre du Groupe "Centre de Pilotage" avait été consacrée au Marketing et avait débouché sur la décision de création d'un Datawarehouse, facteur clef pour l'amélioration de nos prévisions dans les cadre des projets Court Terme. Nos autres réunions de travail ont mis l'accent sur la logistique. La relation entre marketing et logistique est étroite. Comme pour le marketing, le fondement de la logistique est basé sur la satisfaction du client.

Quel est le meilleur moyen pour obtenir, à terme, une meilleure rentabilité pour l'entreprise, un niveau optimal de service client dans le respect de la stratégie marketing définie par le classique 3P (Prix, Produit, Promotion) du Marketing Mix ?

La gestion intégrée de la logistique est basée sur la somme de 5 éléments que l'on peut regrouper, sur le modèle du marketing mix, dans un mix logistique :

  • Coûts associés à la production : ce sont les coûts de production et/ou d'approvisionnement susceptibles de changer suivant le niveau de service clientèle requis ou tout autre élément du système logistique : coûts de préparation et de mise en route, capacité perdue suite à un changement de produit ou de dimension, frais de manutention, d'ordonnancement et d'expédition des lots de production.
  • Coût de traitement des commandes : coûts d'émission, de transmission, de réception et de traitement proprement dit des commandes.
  • Coût de possession des stocks : Les coûts intrinsèques des stocks ("Inventory Carrying Costs") regroupent les coûts de financement ("Capital costs"), les coûts associés à la tenue des stocks ("Inventory services stocks"), les coûts associés à l'espace de stockage ("Storage space costs") et les coûts associés aux risques sur stock ("Inventory risk stocks")
  • Coût de transport : ils doivent être identifiés par produit et par réseau de distribution.
  • Coût d'entreposage : ils correspondent aux coûts liés aux sites d'entreposage et dépendent directement du nombre et de la taille des ceux-ci. Ils ne doivent pas être confondus avec les coûts liés à la possession des stocks.

Une entité "Performance du réseau de distribution / Niveau de service client" assure l'articulation entre les deux mix.

Du point de vue marketing, le service client est mesuré par la capacité de réponse du réseau de distribution aux exigences du marché. C'est donc à ce point que se trouve l'aboutissement de la stratégie marketing et le début de la stratégie logistique.


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